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L’assurance dépendance est une sorte de contrat prévoyant le versement d’une rente si le dit assuré se retrouve en situation de dépendance. Une situation de dépendance, c’est ne plus être capable de réaliser les simples gestes du quotidien.

Pourquoi devriez vous être protégé contre une perte d’autonomie ?

A un certain age, il est difficile de se rendre compte qu’on perd petit à petit son autonomie et malheureusement lorsqu’on s’en rend compte il est trop tard, rien a été prévu et cela devient difficile financièrement.

Les dépenses liées au séjour dans un établissement spécialisé ou l’aménagement du domicile peuvent être très élevées et ne sont généralement pas couvertes par les aides et pensions de retraite.

Pour ne pas dépendre financièrement de ses proches, souscrire une assurance dépendance est une bonne solution.

Une récente étude à démontré qu’en 2030, 2 millions de personnes âgées seront considérées dépendantes. Effectivement, l’allongement de l’espérance de vie augmente au fil des années et en conséquence le risque de dépendance augmente également.

La dépendance est une affaire de santé. Mais aussi d’argent. Certes, les soins médicaux afférents sont remboursés par l’Assurance maladie et la complémentaire santé. Mais pour le reste, la facture sera lourde.

Vous souhaitez rester à la maison ? Il faudra l’aménager et payer des aidants. Vous devez aller en établissement spécialisé ? Les frais d’hébergement (accueil, restauration, entretien…) seront à votre charge. En moyenne, comptez 2 000 à 3 000 euros par mois, d’après le ministère des Affaires sociales, un montant très variable selon le niveau de handicap et la localisation.

Sur quoi pourrez-vous compter pour payer la note ? Sur votre retraite, en premier lieu. Pour rappel, le montant moyen de la pension était de 1 322 euros brut en 2014. Sur les revenus de votre patrimoine ensuite. Sur les aides publiques enfin, principalement l’APA (allocation personnalisée d’autonomie). Si la loi sur « l’adaptation de la société au vieillissement » du 28 décembre 2015 a revalorisé son montant pour les maintiens à domicile, jusqu’à 1 713,09 euros dans les cas extrêmes, le montant moyen perçu plafonne à 494 euros.

L’ensemble est-il suffisant ? Sans doute pas, notamment pour les classes moyennes qui manquent de patrimoine financier et ne toucheront que des aides réduites. Dans ce cadre, la question de souscrire une assurance dépendance prend toute sa place. Mais c’est un produit complexe. En sept questions/réponses, faites le tour de cette protection, offre commerciale et alternatives comprises.

Comment ça marche ?

Le principe d’une assurance dépendance est simple. En échange d’une cotisation régulière, l’assureur s’engage à vous verser une rente mensuelle jusqu’à la fin de vos jours si vous perdez votre autonomie. C’est-à-dire si vous ne pouvez plus réaliser, sans l’aide d’un tiers, certains gestes clés de la vie quotidienne : se nourrir, se laver, s’habiller, faire ses courses, etc.

Cette dépendance peut être de nature physique et/ou psychique. Vous choisissez le niveau de la rente à la souscription, de 300 à 4 000 euros par mois en général pour un état de dépendance totale (incapacité d’accomplir trois des quatre actes de la vie ordinaire : repas, toilette, habillement, déplacement). De nombreux contrats peuvent aussi couvrir un état de dépendance partielle, voire légère. A vous de décider au départ, sachant que la rente sera réduite environ de moitié en cas de dépendance partielle. Des compléments en capitaux (quelques centaines ou milliers d’euros) et des services d’assistance sont souvent inclus.

Attention, les cotisations ne sont pas récupérables. De plus, il s’agit d’un système viager : si vous cessez de cotiser, vous n’êtes plus couvert (une garantie réduite peut être accordée passé cinq à dix ans de cotisations). En cas de dépendance reconnue par l’assureur, les cotisations ne sont plus dues. Vous ferez alors ce que bon vous semble de la rente perçue. Point important : cette somme n’est pas imposable et est cumulative avec l’APA.

Notre conseil. La priorité est d’évaluer vos besoins financiers, pour choisir des niveaux de rente et de couverture adéquats. Le vrai risque à prendre en compte étant la dépendance totale, un état d’invalidité particulièrement lourd et donc coûteux.

Prendre une assurance dépendance pour ne plus dépendre des autres.

Combien coûte une assurance dépendance ?

La cotisation est fixée à la souscription selon trois critères principaux : votre âge, le niveau de rente garanti, le degré de couverture (dépendance totale, totale et partielle, voire légère en sus). Pour résumer, plus vous êtes âgé à la souscription, plus vous optez pour une rente élevée, plus la couverture est étendue, plus cela vous coûtera cher. Point clé : les cotisations n’augmentent pas avec l’âge pendant la durée de vie du contrat. Ce qui ne veut pas dire que vos primes ne vont pas galoper.

Les assureurs indexent souvent la cotisation sur un indice de revalorisation (inflation, point Agirc, etc.) et se réservent la possibilité d’augmenter les cotisations si l’équilibre financier du contrat le justifie. Voilà pour le principe.

Voici quelques ordres de grandeur. Pour une rente de 500 euros par mois, comptez une cotisation de démarrage autour de 250 euros par an si vous souscrivez à 60 ans, 310 euros si c’est à 65 ans et 400 euros à 70 ans, pour ne couvrir que la dépendance totale. Il en coûtera par an, en moyenne, respectivement 320 euros, 400 euros et 525 euros aux mêmes âges pour prévoir en plus la dépendance partielle. Pour une rente de 1 500 euros par mois, vous acquitterez 700 euros par an si vous contractez à 60 ans pour la dépendance totale et 900 euros pour la partielle en plus, 900 euros à 65 ans (1 150 euros avec la partielle) et 1 200 euros si vous souscrivez à 70 ans (1 600 euros avec la couverture de la dépendance partielle).

Notre conseil. A priori, ce n’est pas une assurance trop onéreuse. Avec 60 euros par mois pour une souscription à 60 ans, la couverture est déjà correcte. Pour autant, soyez vigilant. Gare aux augmentations annuelles. Méfiez-vous des prix trop bas, signe que l’assureur sous-tarifie le risque, une source de hausses douloureuses dans le futur. De plus, la comparaison entre les contrats sur le critère prix est délicate, tant les conditions d’attribution de la rente et services proposés sont variables.

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Quand souscrire son contrat ?

Selon la Fédération française de l’assurance, la souscription à une assurance dépendance doit s’envisager à partir de 50 ans. Des contrats permettent même de souscrire dès 35 ans avec la promesse de cotisations fixes à vie. Est-ce réaliste : qui veut souscrire ce type de contrat si jeune ? En fait, le tarif étant fixé selon l’âge à la souscription (voir point 2), on serait tenté de souscrire tôt pour payer moins cher. Certes, mais au risque de cotiser plus longtemps. Attention toutefois de ne pas rater le coche dans le sens inverse. La plupart des contrats ferment leurs portes aux souscripteurs âgés de plus de 75 ans (certains produits repoussent de quelques années).

Surtout, plus vous avancez en âge, plus les formalités de souscription à une assurance dépendance vont s’alourdir. Dans la plupart des cas, vous aurez à remplir un questionnaire médical, en général cinq à sept questions vous seront posées. Ces points permettront de vérifier que vous êtes en bonne santé au moment de la souscription et que vous ne présentez pas un risque aggravé.

En adhérant plus tôt, vous pouvez échapper aux examens médicaux, quasi obligatoires après 65 ans. Sachez que les personnes touchant une pension d’invalidité ou souffrant d’une affection de longue durée (hypertension sévère, diabète…) pourront difficilement souscrire une assurance dépendance. Outre l’âge, se pose la question de « qui » souscrit dans un couple ? Pour une couverture absolue, les deux doivent s’y résoudre. Ce qui va doubler la note. Mais en réalité, la plupart des assureurs proposent une réduction de tarif pour les souscriptions en couple, allant de 10 à 20 %.  

Notre conseil. Soyez conscient d’une donnée statistique, la dépendance survient en moyenne à 83 ans, selon l’Insee. Autrement dit, souscrire à 50 ou 55 ans, c’est l’hypothèse de cotiser au moins trente ans ! A l’inverse, souscrire trop tardivement revient à s’exposer à des tarifs élevés, voire avec surprime en cas de problème de santé (par exemple, le diabète) ou de carrément voir sa demande retoquée.

L’âge adéquat semble autour de 60-65 ans. Mais qui doit souscrire dans un couple ? En priorité, la femme. Son espérance de vie est plus longue, ce qui accroît le risque de dépendance en fin de vie, avec des revenus moindres (retraite de 1 240 euros brut en moyenne, selon l’Insee).

Y a-t-il d’autres solutions ?

Un choix qui n’a rien d’emballant c’est le lot de l’assurance dépendance. Ce qui explique qu’elle rencontre un succès commercial mitigé, avec quelques dizaines de milliers de contrats souscrits par an. Peut-on se protéger différemment ?

Première solution : les contrats avec des garanties anti-fonds perdus, comme Entour’Age, d’Axa. Une option propose, en cas de décès avant l’âge de 85 ans sans perte d’autonomie, le remboursement au bénéficiaire désigné des cotisations versées depuis l’adhésion. Mais c’est plutôt cher payé (exemple : environ 15 euros par mois pour une rente de 1 000 euros souscrite à 50 ans).

Seconde possibilité : limiter votre couverture avec des produits qui vous délivrent rapidement un petit capital pour aménager votre logement. C’est le cas du contrat Capital Equipement Handicap/Dépendance, de la Mutuelle bleue, qui garantit jusqu’à 15 000 euros de capital. Avantages : pas de questionnaire médical et des tarifs allégés (6,20 euros par mois au plus). Bémol : c’est un apport ponctuel, insuffisant sur la durée.

Troisième piste, les produits mêlant épargne et dépendance. Avec ces contrats, une partie des sommes versées chaque mois vous assure une rente viagère en cas de dépendance. Le reste sert à constituer un matelas d’épargne dans le cadre de l’assurance vie, avec des possibilités de rachat, sous conditions. Le mécanisme est séduisant mais pâtit de frais élevés, et rendements souvent pâlots. Plusieurs contrats lancés en fanfare ces dix dernières années ont, depuis, disparu du marché, comme le produit Quiétude Autonomie, de La Banque Postale. Méfiance donc.

Dernière piste : les contrats d’assurance vie qui proposent une sortie en rente avec option dépendance. Dans ce cas, la rente versée est majorée (doublée ou triplée) le jour où vous devenez dépendant. Intéressant, mais il faudra que votre contrat soit suffisamment garni pour que la rente soit significative.

Notre conseil. La piste épargne n’a du sens que si vous pouvez atteindre un niveau de capital substantiel passé 70 ans, au moins 100 000 euros. S’interroger sur les solutions alternatives à l’assurance stricto sensu peut être l’occasion d’évaluer le « risque » dépendance. Ayez ces données en tête. Selon l’Insee, la dépendance dure en moyenne quatre ans. Et le risque pour un senior (60 ans et plus) d’être touché est assez faible, autour de 8 %. Un taux qui monte avec l’âge : une personne de plus de 85 ans sur cinq est dans un état de dépendance.


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